Rivière des OutaouaisL'histoire du Pontiac se confond avec celle de la rivière de l'Outaouais, ce majestueux cours d'eau qui prend sa source dans le lac Témiscamingue pour aller se jeter dans le fleuve Saint-Laurent.
Pour les Algonquins et les Hurons, la rivière était, jusqu'au 19e siècle, la voie de navigation par excellence, leur permettant de faire la traite des fourrures sur un vaste territoire. Pendant bien des années encore, l'Outaouais demeurerait la seule voie de transport d'est en ouest.
Les Français furent les premiers Européens à remonter l'Outaouais pour faire le trafic des fourrures. Mais après leur arrivée, des conflits commencèrent à surgir parmi les peuples autochtones.
Après la conquête, des immigrants loyalistes américains allaient donner à la région de l'Outaouais une vocation forestière. L'entreprise ne tarda pas à s'étendre jusqu'au Pontiac où la rivière et ses affluents, principalement la rivière Coulonge, ont joué un rôle vital dans l'exploitation forestière. Chaque printemps, d'immenses radeaux de billes flottaient jusqu'à Ottawa et même jusqu'à Québec. Les bûcherons créèrent des villages entiers, comme celui de Nickabeau. Des villes grandirent là où les affluents mariaient leurs eaux à l'Outaouais, comme à Waltham, et à l'embouchure de la rivière Coulonge, Fort-Coulonge devint la capitale forestière du Pontiac.
L'histoire de la drave est racontée aujourd'hui aux Chutes Coulonge, un site touristique naturel de toute beauté qui abrite aussi un parc aérien avec tyroliennes et via ferrata. Ce site est étroitement lié à la Maison Bryson à Mansfield, demeure du baron de bois, George Bryson Sr., le précurseur du développement de l'industrie forestière dans le Pontiac. Aux Chutes Coulonge, il fit construire une glissade à billes de 915 mètres de long pour contourner cet obstacle naturel. M. Bryson laissa aussi son empreinte dans le village de Fort-Coulonge, accessible par le Pont Marchand en face de la Maison Bryson, où il fit construire trois grandes maisons de pierres pour ses enfants sur la partie ouest de la rue Principale.
Rocher-à-l'oiseauLe Rocher-à-l’oiseau est une paroi rocheuse qui s’élève à 150m au-dessus de la rivière des Outaouais à Sheenboro. Il est reconnu comme un site archéologique (CaGh-2) de grande importance étant donné la présence d’œuvres rupestres d’origine amérindienne. Daniel Arsenault, spécialiste d’art rupestre, a déjà décrit le Rocher-à-l’oiseau comme « un joyau patrimonial insoupçonné pour la région de l’Outaouais, pour ne pas dire le Québec tout entier. »
Étant donné la grande quantité de pictogrammes répertoriés– plus d’une soixantaine–aussi bien que la variété des sujets et des formes interprétés, le Rocher-à-l’oiseau est l'un des sites d’art rupestre le plus important en Amérique du Nord.
Les Algonquins le considéraient comme un site sacré. D'ailleurs, les récits de voyage de personnages historiques tels Gabriel Sagard, Paul Le Jeune et le Chevalier de Troyes, datant d’aussi loin que 1626, témoignent qu'un homme aurait été transformé en pierre alors qu’il levait les bras au ciel, donnant ainsi naissance au rocher. Les Algonquins croyaient que le rocher pouvait garantir le succès d'un voyage et par conséquent, ils faisaient des offrandes de tabac dans les fissures de la surface rocheuse, ou en attachant un sac de tabac sur une flèche qui lançait vers le sommet du rocher avec un arc.
Ce sentier de randonnée, ouvert officiellement au public en 2010, fait quatre kilomètres (8 km aller-retour). Il est classé ‘débutant’, mais quiconque veut ajouter 1,5 km de défi à sa randonnée peut le faire en descendant la pente de 150 m vers la Pointe à l’oiseau. De là, il pourra profiter d’une plage et jouir d’un point de vue magnifique sur la paroi rocheuse. Il est important de noter que l’on ne peut voir les pictogrammes qu’en s’approchant de la falaise en bateau.
Tout au long du sentier, des panneaux d’information en français, anglais et algonquin racontent l’histoire du Rocher à l’Oiseau depuis sa formation après la dernière ère glaciaire, des
Algonquins qui y habitaient au XVIIe siècle, de leurs croyances spirituelles, et des nombreux visiteurs qui s’y sont arrêtés au fil des siècles. Des belvédères invitent également à faire des pauses pour admirer des vues spectaculaires sur la rivière des Outaouais. Enfin, au sommet, il y a un petit lac où l’eau est toujours limpide, et si on lève le regard vers le ciel, nous pouvons parfois apercevoir le faucon pèlerin, l’Oiseau Tonnerre, vénéré depuis des millénaires par les Premières Nations du Québec.
Le sentier est ouvert durant l'été pour les randonnées pédestres et le vélo de montagne. Les visiteurs doivent s'enregistrer au centre d'accueil du Zec Saint-Patrice sur le chemin Schyan à Sheenboro. Un terrain de stationnement avec une toilette sèche sont situés à l'entrée du sentier. Prévoir 7 $ pour le stationnement.